Icelieu est la bien belle histoire du

    Prieuré de Bray sur Aunette

Le prieuré St Victor de Bray-sur-Aunette, modeste prieuré rural dépendant de la célèbre abbaye Saint-Victor de Paris, fait partie de ces fondations religieuses en milieu rural qui ont contribué à forger le paysage monumental et la société médiévale en France. Celles-ci sont le résultat des influences conjointes des rois capétiens et de l'évêque de Senlis, puissant grand seigneur temporel.

L'Histoire du prieuré est avant tout marquée par trois périodes. En fonction des événements historiques et de l'activité des hommes, chacune de ces périodes aura été décisive pour le prieuré dont les bâtiments, les cours, les bois reflètent les différentes transformations.

 

Les débuts

  La famille chevaleresque des Bouteiller de Senlis, doit son nom à sa charge de grand officier du roi. Depuis Guy de la Tour, en 1108, 5 membres de la famille tiendront cette fonction d'intendance et de conseil  auprès de trois rois successifs pendant plus d'un siècle. ils conserveront le nom de la charge, bien que celle-ci n'honore plus la famille depuis 1221.Leur implantation locale s'assure peu à peu sans partage sur toutes les seigneuries des environs de Bray. Ils fondent ou dotent de nombreux établissements religieux de la région.

En 1249, Guy le Bouteiller, sixième (ou cinquième) du nom,Seigneur de Senlis, dans le testament qu’il rédigea en 1248, fait un don pour la création d'une abbaye de chanoines réguliers dépendant de Saint-Victor de Paris (elle -même fondée à Paris en 1113 par Guillaume de Champeaux)..  C'était avant de partir avec le roi Louis IX pour la septième croisade, au cours de laquelle il mourut en 1249 en débarquant à Damiette en Égypte.

  Une des clauses du testament précisait « qu’une abbaye conventuelle de chanoines réguliers de l’ordre de Saint Augustin rattachée au monastère Saint-Victor de Paris serait fondée à Bray près de Senlis sur le quint (ndlr : le cinquième) de la succession dudit seigneur »

 

Abbaye St Victor de Paris au XIII ème siècle

  Or, la valeur réelle du "quint" n’étant pas suffisante pour la fondation d’une abbaye, les évêques de Paris et Senlis ainsi que l’abbé de Saint-Victor de Paris la réduisent à six chanoines réunis en prieuré. Ce qui sera confirmé par lettre patente de Saint Louis en 1255.

Il faudra attendre la confirmation papale d’Alexandre IV en 1259 pour que les travaux puissent commencer.

  La veille de Noël 1263, le premier prieur, Raoul de Crécy, accompagné de cinq chanoines, peut enfin s’installer dans les bâtiments, et en particulier la chapelle qui viennent d'être achevés. Cette communauté de six chanoines assurait également la gestion d’un domaine agricole comportant fermes, champs et forêts, ainsi que la célébration des offices dans l’église paroissiale du hameau de Bray située à moins de cinq cent mètres du prieuré. mais, si ce prieuré était de petite taille il était par ailleurs prospère sans un jeu sans avoir jamais connu d'endettement chronique ou de graves problèmes internes. De plus son prieur-seigneur, en tant qu'administrateur au nom de l'abbaye Saint-Victor, posséder de nombreux pouvoirs économiques et judiciaires et notamment le pouvoir de haute justice.

Ainsi en l'espace de quelques années (1259 à 1263) et grâce aux dons d'un seigneur local, le prieuré va pouvoir faire son entrée dans le monde spirituel et le contexte monumental si riche du milieu du XIII ème siècle. Les traces de cette contribution fondamentale à la formation du paysage et des hommes perdurent jusqu’au jour d’aujourd’hui

 

Restitution du Prieuré d'origine

 

Cinq siècles de vie religieuse...et quelques vicissitudes

env. 1650 Pillage du prieuré par les troupes de Turenne et incendie du comble de la chapelle. L’ensemble est réparé et semble même bénéficier d’un véritable renouveau grâce à l’action de Benoît Faure, prieur de 1632 à 1656.

Pendant cinq siècles, du milieu du XIIIe jusqu'au XVIIIe,  près de 40 prieurs se sont succédés au prieuré St Victor de Bray.

Parmi eux, citons Gérard Marescot (1445), qui devint ensuite abbé de la Victoire, puis chartreux - Jean III de Nicolai ( 1456) qui devint abbé de St Victor de Paris - Jean IV Petit (1483) enterré en 1505 dans la chapelle - Robert Barthe (1539) mort centenaire -Benoit Faure (1632) qui «  renouvela l’esprit de la communauté et rendit l’église et la maison plus belles qu’elles n’avaient jamais été » - Jean-Louis Hardy (1740) honoré sur une dalle encore dans la chapelle - et enfin Jean-Baptiste Cassenet (1763), ancien grand prieur de St Victor de Paris.

 

La fin

1773 Mort du dernier prieur, Jean-Baptiste Cassenet.

C’est à ce moment que le grand prieur de l’abbaye royale de St Victor de Paris, par souci de rentabilité décide de louer en totalité prieuré, ferme et biens « pour que l’abbaye fut déchargée de tout souci d’administration de ce domaine mais le preneur devait ne laisser habiter le manoir seigneurial et prieural que par d’honnêtes gens et entretenir la chapelle avec décence. ». Le premier locataire est Jacques Badin, bourgeois de Paris, mais nous ignorons si les contrôles réguliers prévus par la maison-mère ont pu garantir la bonne conservation des bâtiments.

1791 A la révolution, le prieuré est déclaré Bien National puis vendu en 1791 à  Nicolas  Desprez de la Rézière, « homme de loi » parisien dont la famille conservera la propriété pendant près d’une siècle. Le prieuré est loué à des fermiers. L’ensemble y compris la chapelle est désormais voué à l’exploitation agricole pendant plus de deux siècles.

1885 Le prieuré est vendu à la famille Roche. Le destin des bâtiments du prieuré pendant cette période reste obscur, mais il est probable que les destructions et transformations qui marquent le site encore aujourd’hui datent de cette époque

Les transformations qui vont accompagner cette période douloureuse permettront toutefois de trouver de nouvelles utilisations et de sauver ainsi les bâtiments de la destruction totale. Leur entretien sera désormais assurée par les propriétaires successifs.

   

début du siècle                                    vue en 1990 après réfection de la toiture

vue en 2011, à la fin de tous les travaux de maçonnerie.

Restent à faire le sol et les vitraux

Le renouveau

1926 Prieuré de Bray (ancien) : caves voisines et vestiges situés au nord de la chapelle : inscription par arrêté du 8 avril 1926.(J.O n° 31 du 6 février 1999 Liste des immeubles inscrits à l'inventaire supplémentaire des monuments historiques de 1925 à 1970 NOR:MCCE9800916K                                                                                                       sur http://www.legifrance.gouv.fr/WAspad/UnTexteDeJorf?numjo=MCCE9800916K)

1943 La chapelle, le pigeonnier et la cave située au nord de l’ancien complexe monastique sont classés au titre des monuments historiques.

1970 - 1980 Christiane et Charles de la Bédoyère, propriétaires depuis 1943, restaurent les toitures et les maçonneries du corps de ferme.

1981 - 1997 Nouveau propriétaire du prieuré, la famille Delacharlery entreprend des travaux très importants sur l’ensemble du site et se mobilise pour engager les étapes décisives qui mettront la chapelle hors d’eau.

1992 Réalisation d'une étude préalable par Yves Boiret (ACMH) pour la restauration de la chapelle classée au titre des Monuments Historiques

1996 Restauration des couvertures et charpentes de la chapelle par Vincent Brunelle (ACMH)

Ces travaux se terminent en 1996 peu après l’acquisition du prieuré par Patrick et Sylvie Warin Thibault.

1998 Acquisition du prieuré par la famille Sirot Saunier.

Après la réhabilitation des différentes maisons d’habitation du prieuré et une remise en état des accès et des abords, la famille Sirot Saunier souhaite se consacrer à la restauration de la chapelle et à la mise en place d’un projet global de renaissance du site.

2003 Mise en place d'une équipe "projet et organisation" lors d'un premier séminaire réunissant une trentaine de personnes expérimentées pouvant s'impliquer dans le programme de réhabilitation.

2004 L’année est marquée par la journée de rassemblement du 29 mai au cours de laquelle est lancée l’association « Les amis du prieuré de Bray ». D’innombrables réunions entre les porteurs du projet, les membres de l’association et les architectes permettent d’orienter plus précisément le projet global.

2005 Lancement en février du site Internet  « www.prieuredebray.org ».

Mai 2005 Spectacle musical « Peau d’Ane » avec le succès de ses trois représentations dans la cour basse du prieuré (plus de 150 acteurs et organisateurs pour plus de 1800 spectateurs)

Août 2005 : Approbation du projet de restauration de la chapelle par la DRAC Picardie

Octobre 2005 : Première AG de l’association des « amis du prieuré »  qui précise les rôles de chacun. Laurent Sirot rappelle que tous les travaux réalisés ou à venir sont à la charge des propriétaires du Prieuré. Les « amis du Prieuré » s’engagent eux à apporter leur soutien logistique et technique à la transformation du site, à mettre en œuvre des actions de promotion, d’ouverture et d’animation du site, et ainsi à rendre possible ce projet de longue haleine. L’association installera ses activités notamment grâce à des locaux qui seront mis à sa disposition lors de la transformation des bâtiments de la cour basse. Elle sera amenée à prendre une part active à la gestion du site.

Et ensuite...........

2006 Début des travaux de consolidation des murs et voûtes de la Chapelle

2008 Objectif d’achèvement de l’aménagement de la « grange St Augustin » et des locaux d’activité de l’aile ouest de la cour basse, gérés et animés par les « amis du prieuré »

2009 Objectif d’achèvement de la première phase de travaux sur la chapelle

2015 Objectif d’achèvement des extensions d’hébergement sur l’aile nord de la cour basse.

Ainsi un nouveau souffle est donné qui s'apprête  à rendre au Prieuré de Bray son rayonnement passé.

   

Voici le chantier !           

   Visitons la chapelle     Le projet de restauration     Le site

 

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