La Chapelle

Un chef d’œuvre d’art gothique à faire revivre

Centrés autour du cloître, les bâtiments conventuels et la chapelle constituaient une clôture monastique surplombant une cour basse cernée par des bâtiments agricoles.

Une seule campagne de construction fut nécessaire, de 1259 à 1263 .

Sur le plan architectural, la chapelle du prieuré, achevée en 1263 est un édifice gothique « rayonnant », simple et élégant. Elle est remarquable pour son architecture homogène alliant une noblesse empruntée aux chapelles royales et palatines desquelles elle s’inspire, avec une modestie imposée par le contexte rural dans lequel elle s’inscrit. En particulier, l’artifice qui oppose la finesse des piliers avec ses colonnades grêles et les croisées d’ogive à l’intérieur, à la solidité massive des contreforts extérieurs, a pour objet de faire oublier la structure apparente pour inciter à la contemplation aidée par la lumière émise par les imposantes baies si généreuses du côté sud.

  • Sa proportion est des plus heureuses, son aspect solide. Long de 25m pour une largeur de 8m et une hauteur sous clef de 12m, son plan est simple. C’est celui  d’un vaisseau unique avec une nef de quatre travées terminées par un chœur pentagonal. Une petite chapelle latérale est située au droit de la quatrième travée au nord. A l’origine, cette chapelle latérale nord était prolongée par un bâtiment en angle, tourné vers le sud-ouest, qui entourait un cloître. De ces bâtiments occupés par les chanoines ne subsiste qu’une cave difficilement accessible.
  • A l’extérieur, le vaisseau et l’abside sont rythmés par l’alternance rigoureuse des contreforts et des fenêtres. Toutes identiques et composées simplement d’une double lancette surmontée d’une rose à six lobes, ces fenêtres ne comportent ni colonnettes ni chapiteaux selon une démarche tendant à l’austérité, caractéristique des constructions de l’ordre de Saint Augustin.

Édifié d’un seul jet, l’édifice ne présente pas de strates historiques. Il s’agit d’une chapelle de style gothique dans sa phase rayonnante, parfaitement cohérente dans son ensemble.

Plan voutes

Plan au sol et plan des baies

Loin des problèmes complexes des programmes d’églises abbatiales, la chapelle St Victor n’est qu’un oratoire. La conception et le travail sur la lumière rappellent le haut-choeur d’église.

coupe tranversale vers choeur

Coupe transversale vers le choeur

 elevation meridionale

Vue coté Sud, avant les travaux,

Elevation occidentale

Vue de l’entrée avec à main gauche, la Chapelle Nord

L’intérieur offre la belle unité spatiale propre aux chapelles palatines ou abbatiales de l’époque. Au-delà de la qualité de l’architecture, il faut noter la qualité de la sculpture, notamment avec les deux culots magnifiquement sculptés. Les voûtes d’ogives sont reçues sur des chapiteaux à crochets. Les clés de voûte sont superbement agrémentées de têtes couronnées, disposition que l’on retrouve à la basilique de Saint Denis et sur la chapelle royale du château de St Germain en Laye.

La simplicité des formes accompagne une recherche architecturale profonde. Constituée d’éléments récurrents parfaitement adaptés, la chapelle présente une modestie dans son image mettant en évidence une économie de moyens.

support de pile              cle de voute2

un pied de pile                                                 une clé de voute

Par sa position géographique et chronologique, la chapelle est une synthèse des différentes expériences gothiques d’Île-de-France.

la cha2  la cha3

la cha4Comparatifs  avec d’autres chapelles  du XIII ème siècle

Mais cette chapelle était dans un état préoccupant.

De très importants travaux de restauration de la toiture avaient permis en 1995 de stabiliser l’édifice. La chapelle était maintenant sauvée mais de nombreux efforts de restauration ont été nécessaires pour en révéler toute sa splendeur. En particulier, tout le mur Sud, plus exposé aux variations de l’hygrométrie du sol, s’enfonce et se déverse vers l’extérieur, créant ainsi des crevasses larges de 20 à 40 centimètres dans le haut de l’édifice. Elles ont été temporairement stabilisées par la mise en place de tirants métalliques, (visibles sur le plan au sol ci-dessus) traversant la nef. Ceux-ci ont été remplacés par une structure plus moderne, et invisible parce qu’enterrée : c’est celle qui fait appel à des micro-pieux (cf « le déroulé des travaux ).

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